Mon Roi de coeur

Si j’arrive à conserver cette petite habitude qui semble se former doucement, à savoir un post chaque lundi, je serais ra-vie ! Alors gardons le cap moussaillon !

Aujourd’hui j’ai envie de te parler d’un coup de coeur, celui du roi … du roi de coeur… enfin plutôt de Mon Roi, le film. (Note cette transition habile et bien pensée)

Je suis de la vieille génération, quand j’aime un truc, il faut que je l’ai physiquement avec moi. Genre, un livre, un dvd, mon mec. Quand le dernier film de Maïwenn est sorti, Bibi s’est logiquement précipité pour l’acheter.

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Précipité, précipité… tout doucement, quand même ! 

Je sais ce que tu vas me dire, je peux le trouver moins cher sur iTunes, il est même sûrement dispo en ligne, mais je voulais ce dvd. Le monde peut s’écrouler, mon lecteur dvd et moi on tiendra bon.

Pourquoi je te parle de Mon Roi? Car j’ai vu ce film au cinéma et s’en est suivie une formidable histoire d’amour entre lui et moi. Pas Vincent Cassel, non non, je parle du film et tout ce qui le compose.

Mais d’abord, mise-en-bouche!

 

ZE B.O.

La bande originale du film est démente, et j’avoue être très sensible à la musique d’un film. C’est hyper important, ça peut même le magnifier, regarde Drive par exemple, petit bijou esthétique et musical.

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Et pas que, d’ailleurs.

Mais attention, l’orchestre philharmonique de St Etienne sur une scène pas assez forte en émotions, et c’est tout le film qui en devient ridicule. Pour le coup Maïwenn et moi avons les mêmes goûts et quand j’entends la chanson phare de son film à la radio, c’est comme si le film m’était conté en 3 minutes 30.

Tu ressens le tourbillon des sentiments Jean-Marc?

Le pitch. 

Je n’aime pas qu’on nous prenne en otage en tant que spectateurs. Qu’on puisse se faire notre propre opinion, qu’un film fasse résonner quelque chose en nous, bref que notre sensibilité nous permette de comprendre l’histoire différemment du voisin de devant qui fait beaucoup trop de bruit en mangeant ses nachos au fromage.

Prends Cindy par exemple: en voyant ce film, elle a reconnu son ex, et est sortie de la séance en brandissant son étendard du Mouvement de Libération des Femmes: « tous des salauds t’façon! »

Didier quant à lui s’est dit qu’il ferait bien de piquer 2-3 trucs au personnage masculin, car niveau punch lines, y a quelques pépites.

Moi je me suis simplement dit qu’un couple c’était finalement composé de 2 personnes. (Oui, faut pas trop m’en demander).

Je me suis dit que notre façon de voir le couple, n’était pas forcément partagée par notre moitié. Qu’on pouvait ressentir exactement les mêmes choses, en les exprimant pourtant différemment, qu’on pouvait aimer mal, ou bien s’aimer tellement que ça en devenait intenable. Tu vois, j’ai pas pris parti dans le film, je ne me suis pas dit « ‘tin mais casse-toi, qu’est-ce tu fous avec ce CONNARD! »

Ce film m’a fait réfléchir, et c’est justement ce que je recherche. Cogiter, revoir ma façon de pensée, envisager d’autres possibilités. Sans me sentir forcée d’adhérer à la logique de tel ou tel personnage. Que le film ne soit pas couru d’avance, que le fin s’écrive en pointillés, qu’on ait tout loisir d’imaginer ce qui va suivre après le clap de fin.

Je citerai ici un autre film qui a le mérite de me faire cogiter depuis que je l’ai visionné (5 ans quand même), il s’agit de Shame, un film suivant les déroutes d’un addict du sexe. Au travers du film, j’ai pu comprendre à quel point cela pouvait devenir aliénant, que ce qui par définition suggère l’échange et le partage, pouvait étrangement isoler. Que ce pouvait être une maladie. Un film troublant, très dérangeant mais qui paradoxalement m’a ouvert les yeux (et non les jambes hu hu).

Elle et lui. 

Après avoir vu le film, je me suis précipitée sur ioutoube écouter la conférence de presse, les interviews des acteurs et de la réalisatrice. A un moment l’actrice principale, Emmanuelle Bercot confie qu’elle avait suggéré à Maïwenn de prendre une femme « belle ». Ce à quoi Maïwenn avait répondu qu’elle la voulait elle et personne d’autre. En effet, une taupe modèle aurait donné une dimension différente à l’histoire, on l’aurait davantage vue que le film sans doute.

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Je sais. 

Or Emmanuelle Bercot se met au service du film pour l’emmener dans des eaux pas si calmes. Il émane d’elle beaucoup de calme avec ce petit quelque chose d’incroyablement inflammable dans le regard. Elle allie parfaitement la force et la douceur, ce qui la rend humaine et touchante.

Quant à Vincent Cassel, il nous gratifie d’un numéro d’équilibriste. Imprévisible, on se demande où il va nous emmener, et ici aussi son physique (de danseur) sert au personnage. Il y a quelque chose d’animal dans son jeu qui sied parfaitement au personnage. Un prédateur sachant se montrer doux comme un agneau, qui tient trop à sa liberté pour se laisser domestiquer.

J’ai aimé la dualité de ces deux personnages, qui permet de composer tout le temps de nouvelles combinaisons. Le personnage central n’est pas l’un ou l’autre des personnages, c’est le couple, lequel prend différentes formes tout au long du film, réagit aux éléments extérieurs, grandit, évolue. Un couple c’est un organisme vivant, il n’est pas figé.

Le tournage.

On retient souvent le nom des acteurs jouant dans nos films préférés, en omettant de citer ceux qui les ont réalisés. Un réalisateur est souvent plus important que ses acteurs. Comme pour un auteur de romans, je peux suivre les yeux fermés un réalisateur et le laisser m’embarquer dans des univers complètement opposés. Maïwenn est connue pour ses méthodes de travail très personnelles, qui me font l’admirer encore plus. Une scène part d’un point A pour finir à un point B, ce qui se passe entre les deux dépend des acteurs. Elle les laisse improviser, s’équipant de deux caméras qui suivent chacun des protagonistes, sur une période pouvant s’étendre parfois à 40 minutes. Ensuite, le travail de fourmis commence: trouver des petits moments de vérité dans les rushes de ces 40 minutes tournées. Voilà la force de Maïwenn, laisser les acteurs évoluer en toute liberté… mais dans un cadre préalablement défini.

En voyant le film, on se plait à penser que les acteurs sont autant surpris, fascinés mais aussi désarçonnés que nous face à la répartie de leur partenaire. On ne sait plus s’ils jouent toujours… c’est une joute verbale incessante, qui donne l’impression que les acteurs se portent mutuellement, se stimulent ou se défient. Je reste convaincue que de tourner sous la direction d’une telle réalisatrice offre la chance unique aux acteurs de se débarrasser de l’image qu’on leur colle, de proposer autre chose, sinon de se découvrir davantage. Un film frais, autant pour eux que pour nous.

Je ne sais pas si je t’ai convaincu(e) de le voir, mais si tu savais comme je saoule mon entourage … j’ai envie de débattre sur le film, d’opposer les points de vue, d’échanger sur nos ressentis! Allez je te donne une semaine et on se bigophone? (parce que mon lecteur dvd et moi on n’est pas vraiment à la page, alors FaceTime, Skype tout ça…)

Cinématiquement vôtre,

Une fan.

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